LA POPULARITÉ DES PROBIOTIQUES

On observe ces dernières années un intérêt croissant pour les probiotiques. On les retrouve dans plusieurs produits alimentaires ainsi que sous forme pharmaceutique. On commence à connaitre de mieux en mieux les nombreuses vertus des probiotiques, ce qui explique leur popularité grandissante.

La plupart d'entre nous connaissent les probiotiques dans le cadre de préscription du médecin pour une gastro-entérite ou dans le but de mitiger l'effet destructeur des antibiotiques sur la flore intestinale, mais le potentiel des probiotiques ne s'arrête pas la ! 

QU'EST CE QUE LES PROBIOTIQUES ?

L'Organisation Mondiale de la Santé définit les probiotiques comme étant "des microorganismes vivants qui, lorsqu'ils sont administrés en quantités adéquates, exercent une action bénéfique sur la santé de l'hôte". Autrement, se sont des bactéries qui, au lieu de causer des infections, ont des actions bénéfiques sur la santé.

Les probiotiques les plus couramment utilisés sont les bifidobactéries et les lactobacilles. Certaines levures sont aussi considérées comme des probiotiques. 

Les probioitiques favorisent un bon équilibre de la flore intestinale. Des études scientifiques rigoureuses ont démontrés que certains probiotiques aident à préserver la santé intestinale, de même qu'à prévenir ou traiter un bon nombre de problèmes de santé.

COMMENT AGISSENT LES PROBIOTIQUES?

Les probiotiques agissent par 3 principaux mécanismes. Le premier consiste à renforcer l'immunité lorsqu'elle est faible, par exemple au moment du développement du système immunitaire chez l'enfant ou de son vieillissement chez les personnes âgées. Ils diminuent, également, la suractivation du système immunitaire, notamment dans les cas d'allergies ou de maladies inflammatoires de l'intestin.

En second lieu, les probiotiques augmentent la fonction de barrière de la muqueuse intestinale, par exemple en accentuant la production de mucus ou des anticorps de type IgA.

Finalement, les probiotiques ont des effets antimicrobiens directs, en prenant la place des bactéries pathogènes (phénomène de compétition) et en empêchant leur adhésion aux parois intestinales.    

QUI PEUT LES PRENDRE?

Tout le monde peut bénéficier de leurs vertus. Les bébés, notamment, sont parmi les grands bénéficiaires des probiotiques. Plusieurs études ont démontré que les probiotiques permettent de limiter les risques de diarrhée chez les nourrissons. D'autres études ont démontré que certaines de ces bactéries améliorent la fonction immunitaire et permettent donc une meilleure réponse aux vaccins.

QUAND LES PRENDRE?

Outre les symptômes digestifs (constipations, diarrhée, ballonnement, flatulence) les probiotiques sont recommandés lors des infections à répétition. Ils sont particulièrement utiles chez les femmes souffrant de cystites ou d'infections vaginales fréquentes. 

Les allergies et les intolérances alimentaires sont des domaines où l'équilibre de la flore intestinale est, bien entendu, très important. Enfin, il ne faut pas oublier les sportifs qui ont, pour diverses raisons, une flore particulièrement fragile.

Pour que les probiotiques soient efficaces, il est important de privilégier les produits offerts en gélules entérosolubles, conçues pour se dissoudre dans l'intestin afin d'éviter leur destruction par l'acidité gastrique, mais aussi une quantité suffisante de bactéries probiotiques, à savoir 2 milliard de bactéries actives.

QU'EST CE QUE LA FLORE INTESTINALE ?

Le tube digestif se compose de l’œsophage, de l’estomac, du petit et du gros intestin, puis finalement du rectum. Quand on mange, les aliments cheminent tout au long du tube digestif et les différents nutriments sont alors absorbés à travers ses parois. 

​Notre tube digestif est habité par environ 100,000 milliards de bactéries appartenant à des centaines d’espèces différentes. Le terme « bactérie » est souvent associé à l’image de microbes nuisibles. Pourtant, certaines bactéries sont bénéfiques pour la santé.

Les milliards de « bonnes » et de « mauvaises » bactéries présentes dans l’intestin forment un écosystème stable, appelé la flore intestinale. Comme c’est le cas pour tout l’écosystème, l’équilibre doit être préservé. Les « bonnes » bactéries sont donc essentielles au maintien d’une bonne santé des intestins. En plus de prévenir la croissance de « mauvaises » bactéries susceptibles de causer des infections, elles stimulent le système immunitaire, aident à régulariser la fonction intestinale (empêcher la diarrhée ou la constipation) et participent à la digestion des aliments et à la fabrication de certains nutriments.

Nous avons tous des bactéries bénéfiques présentes naturellement dans notre côlon. Notre côlon droit abrite des bactéries de fermentation, c’est-à-dire qui dégradent les glucides (les sucres) et notre côlon gauche abrite des bactéries de putréfaction, c’est-à-dire qui dégradent les protéines.

Ces bactéries doivent former un écosystème stable nécessaire à notre santé. Un type de bactéries ne doit pas prendre le pas sur l'autre et surtout ces bactéries bénéfiques ne doivent pas être dépassées par les bactéries pathogènes. Elles sont bénéfiques pour :

• la digestion des aliments 

• le bon fonctionnement du transit intestinal 

• le maintien d'un poids correct 

• stimuler l'activité endocrinienne (appétit et satiété) 

• la synthèse de vitamines et de certains acides gras 

• le renforcement de l'imperméabilité intestinale 

• une meilleure absorption du calcium, du magnésium 

• l'amélioration des signes de l'inflammation intestinale 

• stimuler le système immunitaire 

• éviter la prolifération des micro-organismes pathogènes nuisibles 

• abaisser le risque de cancer colique

PERTURBATION DE LA FLORE INTESTINALE

Un nombre de facteurs critiques au bon développement de la flore interviennent à la naissance.

Le mode d’accouchement affecte de manière significative la qualité de la flore du nouveau né. En effet, un accouchement par voies naturelles affecte positivement la santé, à l’opposé de la césarienne, qui elle impacte négativement cette dernière.

De la même manière que pour le mode d’accouchement, l’allaitement durant les premières années de vie de l’enfant va très nettement améliorer son état de santé subséquent, tandis que les formules préparées affaibliront son système.

Par conséquent, pour les cas où la césarienne est nécessaire pour des raisons de survie, il est d’autant plus important d’allaiter l’enfant. Certaines études développent l’idée qu’il faudrait compléter l’alimentation du nourrisson par des probiotiques spécifiques pour pallier ses lacunes.

​Plus tard dans la vie, tout le monde est exposé aux virus intestinaux que l’on qualifie habituellement de grippe intestinale ou gastroentérite. On retrouve le plus souvent le Rotavirus, l’Adénovirus et l’Astrovirus.

Ces virus causent des dégâts importants à notre flore, cette dernière étant entre autre évacuée via les diarrhées causées.

Finalement, les causes de troubles peuvent venir directement de bactéries elles-mêmes, telles que l’Escherichia coli, le Campylobacter et la Shigella.

Ces bactéries prennent particulièrement leurs aises dans les intestins mal équilibrés et s’y multiplient.

​L’un des moyens permettant de contrer les bactéries pathogènes consiste à prendre des antibiotiques. Malheureusement, ces derniers ne font pas la différence entre mauvaises et bonnes bactéries. De la prise d’antibiotiques résulte donc une flore gravement affaiblie et des chances accrues de souffrir d’autres pathologies.

Toutefois, il est faut savoir que beaucoup d’autres médicaments ont un impact néfaste sur la flore, tout autant que le peuvent une alimentation déséquilibrée, le stress ou les intolérances alimentaires.